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Fraternité


Conception Cécile Mangin

"Nous sommes tissés du monde." (Edwy Plenel) 


Le projet repose sur une question centrale : comment faisons-nous civilisation à l’échelle du monde 


Comment nos identités culturelles, peuvent elles cohabiter et générer la création d’une culture commune riche de ses singularités et de toutes les influences ?


Aux côtés de ceux qui veillent au droit, à l’accueil sanitaire et social, aux côtés de ceux qui accueillent, témoignent, organisent, nous sommes ceux des poètes, chercheurs, représentants de la société civile, qui voulons migrer en caravane vers leurs frères qui cherchent refuge en France.


Nous souhaitons nous mettre en mouvement, nous émanciper de nos certitudes, de nos peurs…, nous déplacer vers ceux qui ont tout quitté et perdu (sauf eux-mêmes ?), installer notre village éphémère là où l’on nous accueille, là où c’est nécessaire,pour rencontrer, écouter, échanger et créer ensemble, pour contribuer à redonner corps, visages, voix et dignité, par la création partagée.


Proposer un chemin d’espérance dans la création de gestes artistiques communs.


Nos premiers interlocuteurs seront les enfants, les familles, et ceux qui les aident.


Beaucoup de ces enfants n’ont connu depuis leur naissance que la violence et les effets collatéraux d’un état du monde qui les dépasse.


Comment peut-on les aider à devenir des hommes debout, à reconstruire leur représentation du monde, à reprendre confiance pour devenir des bâtisseurs ?


Comment peut-on les aider à prendre racines en eux-mêmes et dans le déplacement ?


Au plan artistique, philosophique, anthropologique…, nous sommes nourris d’intuitions, d’hypothèses, de questions.


Nous souhaitons nous rendre perméables, laisser infuser les identités, les cultures.


Nous souhaitons imaginer et créer avec ceux qui arrivent et ceux qui accueillent, les fondements artistiques et philosophiques d’une cosmogonie utopique, celle d’une multitude fraternelle, égale en droit, en devoir, et libre.


A l’issue de ce tissage, chaque artiste, dépositaire fécond, donnera figure à cette multitude. L’ensemble des formes créées sera ensuite présenté au grand public.


Faire du chemin d’exil et du chemin d’accueil, un territoire intime partagé, un jardin planétaire (Gilles Clément) ponctué de « stèles » (Victor Ségalen), témoins de l’existence et du brassage de cultures singulières.


« Faire le plus possible avec, le moins possible contre » résume la position du jardinier du « Jardin en mouvement. » Gilles Clément